Le Monday 05 October - Grande Traversée vers Moorea -

J17 -Lundi 5 octobre

Mot du jour : Tamari'i = Enfant

 

Quelle nuit  ! Quelle nuit  ? Elle fut totalement blanche ! Et ça tapait dur sur les coques avants du catamaran, comme des coups de tonnerre, avec des bonnes vagues qui parfois recouvraient le navire, l’eau coulant sur les hublots autant supérieurs qu’inférieurs.

J17-Hublot

C’est à l’avant que ça tapait le plus et où la houle était le plus ressentie, les couchettes situées à cet endroit ont vite été désertées donnant des hauts-le-cœur violents jusquà vomir. Il valait mieux aller dans le carré situé sur le pont supérieur du navire qui était moins remuant. J’imagine que sur Graffity, cela devait être pareil. Pire ! me dit Franck… Beaucoup ont vomi, pris par le mal de mer.

Entre Rangiroa et Mooréa nous avons 360 km à faire, soit 30 heures de navigation non-stop. Et pas moyen de s’arrêter pour une seule et unique raison, il est prévu que le temps se dégrade plus encore. Nous avons une petite fenêtre météo et il ne faut pas la rater. Alors toutes voiles dehors, les deux catamarans filent vite, sans répit, sans repos. Toute la journée, nous regardons l’océan qui déroule ses vagues, nous écoutons le vent qui souffle fort en rafales et suivons le vol de quelques oiseaux téméraires.

J17-coucher de soleil

Nous parlons peu, beaucoup somnolent, certains tentent de lire, mais ça remue tellement que la lecture dure peu de temps. D’autres essayent de s’allonger là où ça ne bouge pas trop. Le petit-déjeuner et le déjeuner demandent d’avoir des talents de jongleurs et d’équilibriste. Mais on y arrive, tant bien que mal, sans chute, sans casse…

J17-Coucher de soleil 2

Et c’est à une heure du matin, le 6 octobre que nous arrivons dans la baie de Mooréa. Ce qui me réveille, c’est le bruit de la chaîne de l’ancre qui se déroule. Quand l’ancre arrive au fond, le bruit de chaîne cesse et les deux moteurs du catamaran s’arrêtent. Pas de vent, pas de vagues qui s’écrasent sur la coque, pas de houle… Le silence… Dieu que c’est bon ce silence et cette immobilité du bateau dans la baie. Pour tout le monde c’est inespéré.

 


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