Le vendredi 25 septembre - MAKEMO -

J07- Vendredi 25 septembre 2026

Mot du jour :  Ama'a maita'i =  Bon appétît

5h30, le soleil sort des vagues… Le jour est là depuis un moment mais avec l’arrivée de l’astre, tout change. Le bleu du lagon qui était sombre et terne devient turquoise flamboyant sous le ciel qui s’éveille doucement. Quelques sternes et goélands passent au-dessus de nous. Quelques caravaniers émergent doucement et s’étirent sur le pont des catamarans. Certains, assis en lotus, méditent, d’autres lisent, d’autres encore discutent, une boisson chaude à la main. Une nouvelle journée va se vivre. Comme hier matin, après le petit déjeuner, nous repartons explorer la passe, mais cette fois-ci ce sera l’autre côté.

J07-01-Passe

Le miracle est toujours là, tout aussi puissant. Dans une lumière éclatante, teintée de verts translucides auréolés de bleus aux mille nuances, nous palmons au milieu des poissons multicolores et des requins.

J07-02-Passe

Les caravaniers rassurés par l’escapade de la veille sont plus entreprenants avec les requins et n’ont pas peur de nager vers eux. Et à chaque fois, ces poissons cartilagineux, sans faire un mouvement, glissent tranquillement soit vers notre droite, soit vers notre gauche.

J07-03-Coraux

Les poissons ne semblent pas être stressés par la présence de ces « nettoyeurs des mers ». Parfois ils se côtoient de très près. Le poisson se trouve à quelques centimètres de sa gueule, il pourrait être facile pour le requin de l’attraper, mais non, tout se reconnaît, se croise et se décroise tranquillement sans se poursuivre ou se fuir.

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Et nous nageons là encore presque deux heures. L’eau n’est pas chaude. En ce qui me concerne, je remonte sur le zodiac me sécher avec le vent et me réchauffer au contact du soleil.

L’après-midi, les caravaniers partent visiter la cocoteraie de l’atoll jusqu’au « trou de la sirène ».

J07-05-Trou de la sirène

J07-06-Trou de la sirène

Quant à moi, je décide de rester sur le catamaran pour tenter une expérience qui sera filmée par Hubert Lagente, le cameraman de la Caravane amoureuse. Suite à Tadoussac au Québec et à Sataya en Égypte, je sais que dauphins et baleines sont extrêmement sensibles à la musique. Comment à Tadoussac, deux baleines à bosse sont venues se coller au voilier alors que je leur jouais du piano… Comment à Sataya, les dauphins du lagon jouaient complètement excités autour du zodiac sur lequel on avait installé le clavier numérique et l’improbable d’un musicien en habit de scène… Là en Polynésie, je vais jouer pour les requins de l’atoll.

J07-07-Requin

Oh bien sûr, je ne vais prétendre que cette expérience à une quelconque valeur scientifique mais je peux l’affirmer ici, tout le temps où j’ai joué, ils sont venus.

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D’abord, deux puis cinq, puis une bonne dizaine qui tournait autour du bateau, ondulant dans le rythme de la musique que je leur offrais.

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J’ai joué une quarantaine de minutes et pendant tout ce temps, ils sont restés là à aller et venir. Nous ne leur avons donné aucune nourriture, aucun appât.

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Sans rien affirmer, peut-être est-ce le hasard, mais j’ose dire ici que ce n’est que la musique qui les a fait à la fois venir et rester. Lorsque j’ai arrêté de jouer, il n’y avait plus un seul requin autour du catamaran et dans le lagon environnant.

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Durant le même temps, le groupe des caravaniers est parti à travers la cocoteraie découvrir le « trou de la sirène ». Ce trou est une résurgeance d’eau douce qui communique avec l’océan. Ils ont été accompagnés par le chant des oiseaux de l’île, courlis, mouettes et sternes… Des paysages paradisiaques et une ambiance hors du temps, avec des cocotiers géants qui s’élancent vers le ciel. Puis, les caravaniers ont traversé le platier pour rejoindre l’océan. Et une fois encore, une baleine s’est montrée plusieurs fois au groupe, jusqu’à sa queue qui indique qu’elle va rejoindre les profondeurs.

Le soir est vite arrivé, avec lui, les caravaniers revenant de leur excursion. Il est 17h30, Franck nous annonce qu’il faut partir. Nous avons quatorze heures de navigation. Les deux catamarans prennent la passe et se lancent dans le Pacifique. Devant nous une pleine lune énorme nous éclaire et derrière, le soleil couchant donne au ciel des teintes féeriques. D’un côté, il flamboie rouge incendie, de l’autre une lune paisible va éclairer notre route nocturne sur un océan tout aussi paisible sur lequel les deux catamarans glissent toute voile dehors.


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